LE MONDE 04.03.09 14h12 • Mis à jour le 04.03.09 14h12
Les fonds spéculatifs (hedge funds) vont-ils disparaître de la planète financière et entraîner dans leur chute les marchés boursiers ? Depuis le début de la crise, la situation de ces investisseurs spécialisés dans les stratégies risquées devient explosive. En 2008, un tiers d'entre eux a mis la clé sous la porte, et selon les économistes, la moitié pourrait disparaître d'ici à la fin 2009.
Un hedge fund sur trois n'a pas survécu à la crise
Le poids du secteur. Cette activité pesait 1 400 à 1 500 milliards de dollars fin 2008, contre 2 200 milliards un an plus tôt. Début 2008, les fonds spéculatifs étaient environ 10 000. Un tiers d'entre eux ont disparu depuis.
Les performances. En 2008, la moyenne des rendements des hedge funds, calculée par l'indice HFRI composite, a été de - 19 %.
La déconfiture de ces financiers réputés pour leur opacité et leurs stratégies parfois déstabilisantes fondées, notamment, sur le recours massif à l'emprunt pour doper leurs performances (via un "effet de levier") est préoccupante car elle est en train d'accélérer la chute des marchés. "Ils font peser une forte pression à la baisse", confirme-t-on chez Morgan Stanley, aggravant ainsi les difficultés d'autres financiers.
Un hedge fund sur trois n'a pas survécu à la crise
Le poids du secteur. Cette activité pesait 1 400 à 1 500 milliards de dollars fin 2008, contre 2 200 milliards un an plus tôt. Début 2008, les fonds spéculatifs étaient environ 10 000. Un tiers d'entre eux ont disparu depuis.
Les performances. En 2008, la moyenne des rendements des hedge funds, calculée par l'indice HFRI composite, a été de - 19 %.
La déconfiture de ces financiers réputés pour leur opacité et leurs stratégies parfois déstabilisantes fondées, notamment, sur le recours massif à l'emprunt pour doper leurs performances (via un "effet de levier") est préoccupante car elle est en train d'accélérer la chute des marchés. "Ils font peser une forte pression à la baisse", confirme-t-on chez Morgan Stanley, aggravant ainsi les difficultés d'autres financiers.
Comment ? D'une part, les clients de ces fonds, grandes fortunes ou investisseurs institutionnels, paniqués, parfois ruinés par la crise, retirent brusquement leur épargne de ces placements risqués. Selon une étude de Morgan Stanley, ces retraits représentaient 20 % de la valeur des actifs des hedge funds au second semestre de 2008. En 2009, ils pourraient atteindre encore 15 % à 30 % de leur capital, soit 945 milliards de dollars (755 milliards d'euros) en moyenne et 1 200 milliards dans le pire des scénarios.
En voyant la valeur des actifs des fonds se réduire, les créanciers prennent peur et réclament davantage de garanties, voire le remboursement de leurs dettes. Les fonds vendent alors leurs actifs dans l'urgence, quitte à les brader. Ceci expliquerait en partie la chute continue de la Bourse, mais aussi des marchés des matières premières, de l'immobilier etc., dans lesquels ces fonds ont investi. L'ampleur du phénomène est difficile à chiffrer mais "il est d'autant plus net que les volumes sur les marchés sont de plus en plus faibles", indique Guillaume Monarcha, responsable de la recherche hedge funds chez Natixis.
Jusqu'où cela peut-il aller ? En 1998, la faillite du fonds LTCM avait fait planer un "risque systémique", une mise en péril de tout le système financier obligeant la Réserve fédérale américaine à intervenir.
"LOI DE DARWIN"
Un tel scénario peut-il se répéter ? "C'est peu probable", rassure M. Monarcha. Selon lui, ce risque était réel au début de la crise mais s'est estompé. Avec le credit crunch (raréfaction du crédit), ces fonds empruntent moins, ce qui limite les effets multiplicateurs de leur banqueroute. Ils sont aussi devenus bien moins puissants. Selon le Hedge Funds Research, ils pèsent aujourd'hui 1 400 milliards de dollars, contre 2 100 milliards début 2008. Ce qui fait dire à Bernard Lozé, du fonds de hedge funds Lozé et Associés : "Prétendre qu'ils font chuter les marchés est absurde : ils représentent à peine 1,2 % de l'industrie financière."
Un tel scénario peut-il se répéter ? "C'est peu probable", rassure M. Monarcha. Selon lui, ce risque était réel au début de la crise mais s'est estompé. Avec le credit crunch (raréfaction du crédit), ces fonds empruntent moins, ce qui limite les effets multiplicateurs de leur banqueroute. Ils sont aussi devenus bien moins puissants. Selon le Hedge Funds Research, ils pèsent aujourd'hui 1 400 milliards de dollars, contre 2 100 milliards début 2008. Ce qui fait dire à Bernard Lozé, du fonds de hedge funds Lozé et Associés : "Prétendre qu'ils font chuter les marchés est absurde : ils représentent à peine 1,2 % de l'industrie financière."
In fine, "la disparition d'une partie des hedge funds est même plutôt saine, enchérit son collaborateur Frédéric Neefs. Les plus faibles disparaissent, ne restent que les gérants les plus talentueux, c'est la loi de Darwin." Mieux, pour retenir les clients, les fonds s'obligeraient à plus de transparence. "Y compris les plus secrets, assure M. Lozé, comme le fonds de M. Tudor !", l'une des stars du marché.
Claire Gatinois
Article paru dans l'édition du 05.03.09.
Article paru dans l'édition du 05.03.09.

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