Par TF1 News (D'après agence) le 11 février 2010 à 09:32
"Aucune amélioration" des recrutements n'est prévue en 2010 par l'Apec pour ces deux catégories. Le volume prévisible de recrutements de débutants serait "très insuffisant pour les 120.000 jeunes concernés".
La crise pour les 3,4 millions de cadres est loin d'être finie et elle ne fait que commencer pour les jeunes Bac+4: après déjà deux années de baisse, "aucune amélioration" des recrutements n'est prévue en 2010 par l'Apec. L'Association pour l'emploi des cadres (Apec) enquête tous les ans auprès des recruteurs et elle note pour 2010 un "attentisme" inégalé depuis le début de la crise, et dont "les jeunes diplômés souffriraient le plus". Le volume prévisible de recrutements de débutants (21.000 à 23.000 cette année) serait "très insuffisant pour les 120.000 jeunes concernés". "Cela nous ramènerait au niveau connu lors de la récession de 1993, à la différence qu'en 1993, il y avait moins de 70.000 jeunes Bac+4 sortant sur le marché du travail", souligne Pierre Lamblin, directeur études. "Cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus de recrutements, mais il faut aller là où les entreprises embauchent dans des bassins géographiques pas toujours attractifs", dit-il.
La panne de recrutements affecte tous les secteurs mais frappe l'industrie "de plein fouet" (-14% à -23% prévu en 2010). Toutes les fonctions sont touchées, sauf commercial, informatique et recherche & développement, ces deux dernières servant souvent de tremplin pour un premier emploi, selon M. Lamblin. Après les embauches records connues en 2007 (208.900), les petites annonces cadres ont plongé et "130.000 à 138.000 cadres devraient être recrutés en 2010, soit une baisse comprise entre -10% et -4%", selon le panel Apec entreprise. L'Apec pense toutefois que ce sera un tout petit peu mieux que ce que disent les entreprises, sur la base d'un modèle économétrique qui donne lui 145.000 recrutements possibles en 2010 - à ne pas confondre avec une création nette de postes -. La chute des recrutements a atteint 28% en 2009, après -4% en 2008.
81% des offres d'emploi sur internet
"Cela ne redécollera vraiment qu'en 2012, et de manière progressive, mais on devrait toucher le fond cette année", a précisé M. Lamblin, lors d'un point de presse. "Dans le marasme ambiant", souligne l'Apec, Bretagne et Languedoc-Roussillon se distinguent avec davantage d'entreprises prévoyant d'accroître leur effectif cadre, alors que l'Alsace, Champagne-Ardenne et Franche-Comté passent un moment difficile. Le marché des offres d'emploi cadres passe à 81% par une annonce internet. La raréfaction des postes à pourvoir s'explique par la baisse du niveau des investissements dans les entreprises.
De plus, "pour le même volume d'investissements, on aura un volume de cadres inférieur. Les employeurs découvrent qu'on produit autant avec moins de monde et vont continuer à serrer les boulons", estime Jacky Chatelain, directeur général de l'Apec, particulièrement inquiet du risque de chômage longue durée. Parmi les cadres que l'Apec accompagne, ils ne sont plus que 35% à retrouver un emploi en six mois, selon M. Chatelain. La mobilité externe - le nombre de cadres changeant d'entreprises est habituellement élevé en France - "s'est effondrée" et autre phénomène nouveau, pour la première fois en 2009, les départs en retraite de cadres ont diminué (32.400 cadres, -12% comparé à 2008), ce qui n'est pas sans pénaliser les jeunes. "C'est l'effet de l'allongement de la durée de cotisation. En plus, quand ils reçoivent leur décompte de la Cnav et voient ce qu'ils toucheront à la retraite, 20 à 30% nous disent qu'ils préfèrent conserver leur rémunération d'activité plutôt que s'arrêter", dit-il.
Par TF1 News (D'après agence) le 11 février 2010 à 09:32
mercredi 17 février 2010
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